Le nerf de la guerre
Faire le point sur ses assurances, sans culpabiliser
29 juillet 2026

Chez nous, tout se multiplie. Les chaussettes orphelines, les verres d’eau posés partout dans la maison, et accessoirement les contrats d’assurance. Entre la voiture, la maison, la mutuelle, la prévoyance, la scolaire et les garanties qu’on souscrit un peu sans lire — parce que la conseillère avait une voix rassurante — notre portefeuille de contrats ressemble parfois à un placard qu’on n’ose plus ouvrir.
Pourtant, faire le point sur ses assurances, ce n’est pas un pensum de comptable. C’est juste prendre une matinée pluvieuse, un café, et remettre un peu d’ordre. On te raconte comment on s’y est pris.
Ce qui nous a fait changer d’habitude
Longtemps, on a vécu avec la pile. Tu sais, cette pile de courriers « à classer » qui migre du bureau à la table de la cuisine, puis sur le meuble de l’entrée. Dedans, les échéanciers d’assurance côtoyaient les dessins des enfants et une facture de 2022. Tout allait bien, jusqu’au jour où on a découvert qu’on payait deux fois la même garantie.
Ce jour-là, on a eu le déclic. Pas de panique, pas de crise : juste l’envie de comprendre ce qu’on payait vraiment. On s’est assis un dimanche après-midi, on a étalé tous les contrats sur la table du salon — et on a compté. Huit contrats pour une famille de six. Huit prélèvements mensuels qui partaient sans qu’on sache exactement ce qu’ils couvraient.
Le premier constat a été presque drôle : on assurait deux fois les appareils nomades. Une fois via l’assurance habitation, une fois via l’extension carte bancaire. Deux fois le même téléphone qui tombe dans l’escalier. Merci la banque, merci l’assureur, mais votre coordination laisse à désirer.
Lister ce que l’on assure vraiment
La première chose qu’on a faite, c’est un tableau. Rien de sorcier : quatre colonnes sur une feuille volante. Ça nous a pris vingt minutes et ça nous a évité trois mois de culpabilité diffuse.
| Type d’assurance | Ce qu’elle couvre | Contrat actif ? | Doublon suspecté ? |
|---|---|---|---|
| Habitation (MRH) | Incendie, dégâts des eaux, responsabilité civile | Oui | À vérifier avec la scolaire |
| Auto | Responsabilité civile, tous risques ou tiers | Oui | Non |
| Mutuelle santé | Dépassements d’honoraires, optique, dentaire | Oui | Avec la prévoyance employeur |
| Scolaire / extrascolaire | Responsabilité civile des enfants, accidents trajet | Oui | OUI — fait doublon avec la MRH |
| Prévoyance | Arrêt de travail, invalidité | Oui | Avec la mutuelle (garanties croisées) |
| Assurance-vie | Épargne + prévoyance décès | Oui | Non |
| Téléphone / appareils nomades | Vol, casse, oxydation | Oui | OUI — avec l’extension carte bancaire |
| Protection juridique | Litiges consommation, logement, travail | Intégrée à l’habitation | Non |
Rien que ce tableau nous a fait gagner une soirée entière de paix intérieure. Et environ 180 euros par an, rien qu’en supprimant le doublon « appareils nomades » de la carte bancaire — une option qu’on avait cochée sans y penser.
Chasser les doublons de garanties
Le piège classique, c’est le cumul silencieux. L’assurance scolaire, par exemple : la responsabilité civile qu’elle inclut est déjà couverte par ton assurance habitation. Sauf cas très spécifique — un enfant qui part en classe découverte avec du matériel coûteux — tu paies deux fois la même chose.
Même logique pour la protection juridique. Beaucoup de contrats habitation l’intègrent déjà. Inutile de souscrire une garantie séparée si ton contrat principal la prévoit. Lis tes conditions générales : la section « protection juridique » y figure peut-être déjà, entre la garantie catastrophes naturelles et le remboursement des serrures.
Un autre classique chez les familles nombreuses : les garanties « décès » qui s’empilent. Celle du crédit immobilier, celle de l’assurance-vie, celle de la prévoyance employeur. Au bout du compte, tu as peut-être trois fois la même couverture pour le même risque. Demander un récapitulatif des capitaux garantis à chaque contrat prend un quart d’heure et peut libérer des dizaines d’euros chaque mois.
Renégocier au bon moment
On ne va pas te dire de décrocher ton téléphone tous les six mois pour négocier 2 % de remise. Mais il y a deux moments dans la vie où les assureurs sont plus attentifs que d’habitude : quand ta situation familiale change, et quand tu arrives à la date anniversaire du contrat.
Un déménagement, un enfant de plus (ou de moins à charge), un changement de situation professionnelle : à chaque fois, ton profil de risque évolue. Autant en informer ton assureur. Parfois, ça baisse. Parfois, ça permet de regrouper des contrats chez le même interlocuteur et de bénéficier de tarifs « multi-équipements ». C’est une démarche qui prend un coup de fil, et qui n’engage à rien.
Autre piste : la loi Hamon. Depuis 2015, tu peux résilier ton assurance auto ou habitation à tout moment après un an d’engagement, sans frais, et c’est ton nouvel assureur qui s’occupe des démarches. Une simplification énorme. Si tu n’as pas regardé tes contrats depuis trois ans, il y a de fortes chances que ton profil ait bougé plus vite que tes garanties.
Ce qu’on en retient au quotidien
Aujourd’hui, on n’a pas un tableur parfait avec dix onglets de couleurs. On a juste un rappel dans notre calendrier, tous les douze mois : « café + assurances ». Une heure, pas plus. On rouvre le tableau, on vérifie que rien n’a bougé, et on passe à autre chose.
Le vrai bénéfice, ce n’est pas seulement l’argent économisé. C’est de savoir ce qu’on paie, et pourquoi. C’est aussi de pouvoir expliquer aux enfants, quand ils posent des questions sur « pourquoi on est assuré », que c’est une cagnotte commune pour les coups durs — et que vérifier ses contrats, c’est comme ranger sa chambre : c’est pas drôle sur le moment, mais après on respire mieux.
Quant au délire d’optimisation jusqu’au dernier centime, on laisse ça aux gens qui ont le temps. Notre victoire à nous, c’est d’être passés de « je ne sais même pas combien de contrats on a » à « je sais ce que couvre chaque ligne du relevé bancaire ». C’est déjà énorme. Et ça permet de transmettre aux plus grands l’idée que l’argent n’est pas tabou — on peut en parler tranquillement, même avec un ado qui fait la tête.
FAQ — Les vraies questions qu’on se pose
Est-ce que l’assurance scolaire est vraiment obligatoire ?
Non, elle n’est pas obligatoire pour l’école elle-même. En revanche, elle l’est pour les activités périscolaires facultatives (cantine, garderie, sorties). La bonne nouvelle, c’est que ta responsabilité civile familiale — incluse dans ton assurance habitation — couvre souvent déjà les enfants. Vérifie ton contrat avant de souscrire celle qu’on te propose à la rentrée.
Comment savoir si j’ai un doublon entre ma carte bancaire et mon assurance habitation ?
Regarde les conditions de ta carte. Les Visa Premier ou Gold incluent souvent des garanties « achats » ou « appareils nomades ». Si ton assurance habitation inclut une option « tous risques portables », tu as peut-être un doublon. Compare les plafonds de remboursement et les franchises : garde la meilleure couverture, résilie l’autre.
À quel moment résilier son assurance auto sans perdre d’argent ?
Depuis la loi Hamon, tu peux résilier ton assurance auto à tout moment après la première année, sans frais ni pénalité. L’idéal reste de comparer les offres un mois avant ta date anniversaire : tu évites d’avancer des frais à ton ancien assureur le temps que le nouveau prenne le relais. Et c’est le nouvel assureur qui gère la résiliation pour toi.
Faut-il vraiment une assurance protection juridique séparée ?
Pas forcément. Beaucoup de contrats habitation incluent une protection juridique de base (litiges consommation, logement, travail). Si ton contrat la prévoit déjà, et que les plafonds te conviennent, inutile d’en prendre une supplémentaire. En revanche, si tu es indépendant ou que tu as des besoins spécifiques, une garantie autonome peut se justifier. Pose la question à ton assureur lors de ton « café annuel ».
Et si jamais tu découvres un contrat fantôme — celui que tu as souscrit il y a cinq ans pour un appareil que tu n’as plus — ne culpabilise pas. On est tous passés par là. Une fois que c’est réglé, tu seras fier de toi. Et tu pourras te vanter au prochain repas de famille, entre le lien avec les grands-parents et la dernière bêtise du petit dernier. Parce que chez nous, les sujets d’argent se règlent comme le reste : à table, avec les moyens du bord, et sans se prendre la tête.

